• L'Homme de la Sierra de Pauline Libersart

    L'Homme de la Sierra de Pauline Libersart

    Fiche détaillée

    Auteur > Pauline Libersart
    Editeur > Láska
    Genre > romance érotique, western
    Date de parution > 2013
    Format > ePub
    Poids du fichier > 3,21Mo (177 pages)

    auteur

     
    Pauline Libersart a toujours été passionnée de lecture. Adolescente plutôt timide, sa meilleure amie s’appelait « carte de bibliothèque municipale ». Elle a ensuite entamé des études sérieuses pour trouver un travail tout aussi sérieux. Ce qui n’a jamais empêché une partie de son cerveau de continuer à tricoter des scénarios.
    Sa bibliographie : Pour un instant de vérité (16 juillet 2013), Pour un instant d'incompréhension (10 décembre 2013), L'Homme de la sierra (10 décembre 2013), Amelia la Scandaleuse (7 avril 2014), Dans la ligne de tir (26 mai 2014), la trilogie Le Club des A (à partir d'octobre 2014).
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    quatrieme de couverture

    Amélie est une héritière du Sud, élevée pour être une véritable dame. Hélas, la guerre civile a tout détruit sur son passage : sa maison, sa fortune et surtout, sa famille. Tentant de rejoindre un oncle et une tante installés dans l’Ouest, elle se retrouve seule et sans argent au cœur de la Sierra Nevada. Un rancher taciturne lui offre alors sa protection, mais il y a un prix…
    Dallas vit seul sur ses terres, tel un paria. Quand le hasard met sur son chemin la jolie Amélie, il saisit sa chance d’obtenir un peu de compagnie. Il est loin de réaliser qu’il a affaire à une demoiselle de la bonne société… Lui qui est plus habitué aux bêtes qu’aux humains, comment réussira-t-il à la séduire, pas seulement pour une nuit, mais pour la vie ?

    première phrase

     "La nuit tombait déjà sur la sierra, et Amélie dut se résigner à camper."

    avis personnel

    Malgré mes deux expériences malheureuses avec la romance western, j'ai retenté ma chance, mais cette fois avec une auteure française, et je ne dirai qu'un mot : Halleluiah ! Hosanna aux plus hauts des cieux ! (ouais je sais ça fait 7 mots mais j'ai du mal à réprimer ma joie !! ^^) car la malédiction qui frappait mon goût pour les beaux cow-boys a été vaincue et mon petit cœur de midinette comblé !

    Or donc, Pauline Libersart nous embarque aux côtés de son héroïne, Amélie Beaumont, jeune aristocrate de Charleston que la Guerre de Sécession a jetée, elle et sa mère Marguerite sur la route de l'Ouest afin de rejoindre les seuls membres restants de la famille, à Sacramento. Malheureusement, un accident de diligence lui enlève sa mère, et Amélie se retrouve seule, sans argent et sans escorte pour continuer son voyage. Or, traverser la moitié d'un état tout en évitant les bandits, les indiens et les bêtes sauvages s'avère extrêmement risqué... si bien qu'elle se voit contrainte d'accepter l'offre de Dallas, un cow-boy qui l'a déjà sauvée une fois des avances grossières d'un rustaud : sa protection contre l'obtention de ses faveurs...

    Oui, je sais, assenée comme cela, cette proposition semble des plus sordides, mais contre toute attente, l'auteure évite habilement les chausse-trappes d'un tel postulat de départ. Elle prend en effet le temps de nous décrire les sentiments des deux protagonistes, la barrière sociale qui les oppose, le contexte de l'époque si peu favorable aux femmes...si bien que leurs choix, parfois choquants à nos yeux, semblent en parfaite cohérence avec leur situation respective...

    Car même si la décision d'Amélie de s'en remettre à Dallas pourrait s'apparenter à de la "prostitution", la position des femmes de l'aristocratie de l'époque n'en est pas si éloignée que cela, condamnées à des mariages non choisis et à l'accomplissement de leurs devoirs conjugaux  :

    « Pour faire son « devoir conjugal », lui avait assené [sa mère], il suffisait d’éteindre la lumière et de ne pas bouger. Ce n’était, après tout, qu’un moment désagréable à passer, et le seul moyen d’avoir des enfants...
    (page 23)

    De même, Amélie surprend, au temps de leur vie protégée, une conversation de sa mère avec ses amies sur l'attitude que doit adopter une femme lors des rapports :

     « Le mieux, c’est de ne pas bouger pendant qu’ils font leur affaire… »
    À l’époque, elle n’avait pas compris ce qu’elle voulait dire…

    La jeune femme se déshabilla, plia ses vêtements et enfila sa chemise de nuit, mais il lui fut impossible de retrouver son bonnet de dentelles. Elle démêla lentement et soigneusement ses cheveux, refit sa natte et se coucha, décidée à faire semblant de dormir quand il rentrerait. Ce stratagème l’arrêterait peut-être. Autrement, s’il se comportait comme la veille, sans la brutaliser, elle était sûre d’être capable de rester immobile pendant qu’il lui ferait subir ça et de le supporter. Tellement d’autres femmes l’avaient fait avant elle...
    (page 47)

    Amélie a reçu une éducation rigide, et même si, face aux épreuves qui l'ont durement touchée, elle a su renoncer à ses privilèges et au carcan de son éducation pour s'adapter à sa nouvelle vie, le choc des cultures avec Dallas est bien réel et déstabilisant, surtout dans leurs rapports homme/femme.

    L'auteure alterne les points de vue entre Amélie et Dallas, ce qui nous permet de pénétrer au plus profond de leurs pensées, et met en valeur l'abîme d'incompréhension et de préjugés qui menace constamment de les séparer.

    D'autant que la vision qu'a Amélie de Dallas n'est guère favorable puisqu'elle le décrit au début comme un "cowboy mutique, un être grossier et sans éducation." (page 24)

    Ajoutez à cela des difficultés de communication, aggravée par la nature excessivement silencieuse du jeune homme (Amélie ne saura rien de Dallas jusqu'à la presque fin...) auquel elle doit arracher quelques rares informations, et le sentiment de honte qu'elle éprouve face à la perte de sa respectabilité, qui la ferait rejeter par les siens.

    On ressent à travers l'écriture de Pauline Libersart toutes les émotions, tous les doutes, toutes les souffrances qui étreignent nos deux héros.
    Dallas éprouve un complexe d'infériorité, ce qui le rend parfois soupçonneux sur les motivations d'Amélie, qui doute de son côté de la sincérité de son cow-boy ! Comme vous pouvez le constater, cela n'était pas gagné d'avance entre eux deux (même si, romance oblige, on sait comment cela va finir ! ^^)...

    En outre, les deux héros sont terriblement attachants.

    Amélie est une jeune femme déterminée et courageuse. Contrairement à sa mère, inadaptée aux réalités de la vie, elle a su faire front au chaos que la Guerre de Sécession a laissé dans leur vie et prendre en main sa destinée.

    Dallas, lui, est un homme désespérément solitaire, dont l'histoire personnelle est particulièrement poignante. Ses origines le rendent peu sûr de lui face à la belle sudiste raffinée, et il souffre du dégoût et du rejet qu'elle semble afficher à son égard. Difficile de ne pas craquer pour cet homme avide de tendresse mais qui ne sait comment exprimer ses sentiments...

    On suit donc la progression de leurs sentiments avec beaucoup d'intérêt.

    Malgré mon ressenti très globalement positif, j'aurais quelques réserves à émettre : vers la fin, les scènes de sexe s'enchaînent un peu trop, même si on comprend qu'elles symbolisent l'évolution de leurs sentiments et de leurs relations... De même, j'ai été déçue par une des révélations de Dallas concernant son rôle dans le sauvetage de la diligence, révélation inutile selon moi au récit et entachant la vision favorable que l'on a de lui en le rendant un peu manipulateur...

    Pour conclure, une délicieuse romance qui prend le temps d'installer l'histoire et de fouiller la psychologie des deux héros avec beaucoup de sensibilité. De plus, les scènes de sexe ne sont jamais vulgaires, et savent éviter, malgré le contrat passé entre Amélie et Dallas, tout malaise au lecteur. J'ai appris que l'auteure allait donner une suite à cette histoire, et je la lirai sans aucun doute possible....

    Appréciation :

    note : 4 sur 5

    extrait

     Un craquement plus fort que les autres la fit sursauter, et elle se redressa brusquement. Elle avait dû s’assoupir… Le feu était presque mort. Inquiète, elle saisit le scalpel qu’elle avait toujours au fond de sa poche. Une bien piètre arme...
    Une ombre inquiétante et silencieuse se détacha lentement de l’obscurité. Un ours ? Tremblante de peur, la jeune femme se rencogna contre la paroi. Un nouveau craquement la fit tressaillir. La bête approchait…   
    Reste calme, tu sais te défendre, s’encouragea-t-elle silencieusement même si elle avait pleinement conscience de la réalité de ses forces et de ses chances.
    L’ombre grandit et, à la faible lumière de la lune, elle identifia la forme d’un stetson. Elle reconnut alors le cliquetis des éperons avant de voir ses bottes éculées lorsque l’homme avança jusque dans le faible halo du feu. Il était revêtu d’un épais et probablement très chaud manteau de cuir et de fourrures, qui lui donnait cette allure large et étrange. Il tirait son cheval par la bride et, attachées au pommeau de la selle, elle entrevit des longes qui tiraient ce qui devaient être deux mules, encore en partie dissimulées par les arbres.   
    Un homme, et pas un ours… Ce n’était pas beaucoup plus rassurant pour une femme seule. 
    Tétanisée, Amélie ne dit pas un mot — et lui non plus. Avec des gestes calmes, il alla attacher son appaloosa près du poney indien d’Amélie. Il le dessella tranquillement puis, sans rien demander, ôta également la selle du petit cheval pie. Le cowboy les bouchonna efficacement avant de s’éloigner pour s’occuper des mules de la même façon.   
    La jeune femme n’osait pas dire un mot, retenant son souffle et serrant toujours son arme entre ses doigts gourds.    Lorsque l’homme ramassa sa selle et s’approcha d’elle, elle se raidit. Elle avait beau se raisonner, s’exhorter au calme, ses dents se mirent à claquer, cette fois pas seulement de froid. Sans lui demander la permission, il posa sa selle juste à côté d’elle. Ensuite, il prit la couverture qui y était attachée et la lui tendit silencieusement. Étonnée, Amélie la prit gauchement, puis, se décidant brusquement, s’enroula dedans.   
    « Merci », chuchota-t-elle.   
    Elle eut l’impression que le cowboy haussait les épaules. Il se détourna, toujours silencieux, et s’agenouilla pour remettre une bonne quantité de bois dans le feu, lentement, méthodiquement. Les flammes s’élevèrent rapidement, vives, et la jeune femme sentit une vague de chaleur venir jusqu’à elle et réchauffer ses joues. L’homme se redressa et passa dans la lumière. C’est à ce moment qu’elle le reconnut.
    (pages 8-9)

    divers

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  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Février 2015 à 15:36
    je me le note, même si j'avais trouvé tes chroniques sur les autres plus hilarantes et que tu avais définitivement entachée ma vision de la petite maison dans la prairie avec ton utilisation plus que douteuse du générique ;)
    2
    Mardi 3 Février 2015 à 16:43

    héhéhé... je remarque que mon petit jingle t'a marquée, Cassie... mais tu dois comprendre que les scènes que j'accompagnais du générique m'avaient moi-même profondément marquée... voire traumatisée !! hesarcasticwinktongue
    bref, j'ai bien peur que tu ne doives te plaindre auprès de l'auteure de ma baisse de régime humoristique, car cette romance était trop joliment écrite et construite pour que je ressente le besoin vital de me servir du persiflage comme exutoire à ma frustration... wink2^^

    3
    Mardi 3 Février 2015 à 20:37
    Sylly
    Comme Cassie, je suis fan de tes chroniques humoristiques :p Mais n'empêche que le plaisir semble t-il que tu as eu à lire ce roman fait envie du coup. Je le note dans un petit coin ;)
    Bisous
    4
    Myrtille
    Mardi 3 Février 2015 à 21:46
    Cette romance a l'air originale, je note aussi ;)
    5
    Mardi 3 Février 2015 à 22:22
    Malgré ton bon avis, je pense vraiment que je n'aimerais pas ;)
    6
    Mercredi 4 Février 2015 à 13:48

    @Sylly,
    oui, beaucoup de plaisir (je n'y croyais plus !!^^)... mon petit coeur de midinette a complètement fondu pour Dallas dont l'histoire m'a beaucoup émue... en plus, pour une fois, l'héroïne ne m'a même pas tapé sur les nerfs, bien au contraire ! yes

    @Myrtille
    c'était très dépaysant... et fait appréciable, on sent que l'auteure a fait des efforts pour rendre l'histoire crédible... ce qui n'est pas le cas de toutes les romances que j'ai lues, malheureusement...smile

    @Stephie,
    vois-tu, je m'en doutais un peu...sarcastic eh oui, à force de participer à ton rendez-vous coquin, je commence par te connaître un peu... winktongue

    7
    Vendredi 27 Février 2015 à 11:06
    Alison Mossharty
    Ah tu as enfin trouvé une romance cow boy qui te plait :D Bon, je suis ravie hein (mais mon côté diabolique espère que tu tomberas sur une autre romance craignos, ça me permettra d bien rire en lisant ton article XD)
    8
    Dimanche 1er Mars 2015 à 09:48

    c'est fou ça ! vous vous êtes toutes liguées contre moi pour que je lise une romance qui craint du boudin... si je comprends bien, je n'ai plus qu'à reprendre les Hell's Height alors, hein ?!? mais vous n'avez aucune pitié... winktonguesarcastiche

    9
    Lundi 9 Mars 2015 à 14:27
    J'ai rigolé en lisant le début de ton article oui tu semblais être maudite concernant les cow-boys x) Par contre le deal pour l'escorter est franchement étrange :o Mais bon c'esr une romance qui me tente énormément. Je vais me laisser tenter je pense. ^^
    10
    Mardi 5 Mai 2015 à 11:59

    il est vrai que le deal pourrait faire tiquer, mais il est bien amené par l'auteure... et puis Dallas est juste irrésistible !!! winktongueoops

    11
    sofynet
    Lundi 13 Juillet 2015 à 18:29
    Et voilà une romance pour laquelle je dirai, Tiens, pourquoi pas ;)
    Hop, billet ajouté !
    12
    Jeudi 3 Septembre 2015 à 18:50

    @Sofynet,
    je suis généralement déçue par les romances, mais là je dois avouer que j'ai passé un très agréable moment dans l'Ouest sauvage... wink2

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