• Le Juste Milieu d'Annabel Lyon - Aristote, tome 1

    Le juste milieu d'Annabel Lyon

    Merci à

    Livraddict

    et aux éditions

    Le juste milieu d'Annabel Lyon

    pour ce partenariat !

     

    Fiche détaillée

     Auteur > Annabel Lyon
    Editeur > Folio
    Genre > Roman historique
    Date de parution > 2009, 2011 en France, 2013 dans la présente édition
    Titre original > The Golden Mean
    Nombre de pages > 400
    Traduction > de l'anglais par David Fauquemberg

     auteur
    (source : éditions alto)

     Annabel Lyon
    Née à Brampton en Ontario, Annabel Lyon a fait des études de musique, de philosophie et de droit avant de publier deux recueils de nouvelles, Oxygen et The Best Thing for You, qui ont connu un grand succès au Canada. Paru dans plus d’une quinzaine de pays, Le juste milieu (The Golden Mean), son premier roman, a remporté le prix Rogers Writers’ Trust et a été finaliste au prix Scotiabank Giller et au Prix littéraire du Gouverneur général. Elle vit en Colombie- Britannique avec son mari et ses deux enfants.
      Annabel Lyon travaille actuellement sur une suite.   

     

    quatrieme de couverture

    Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d'arrogance. Lorsqu'en 342 avant Jésus-Christ le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s'établit est aussi enrichissante pour l'un que pour l'autre. Par ses démonstrations sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son élève la notion de «juste milieu», point d'équilibre entre deux extrêmes. De son côté, le fougueux Alexandre offre de nouvelles perspectives à son maître peu aventureux.

    Des cahutes enfumées aux chambres du palais, Annabel Lyon lève le voile sur deux hommes qui ont transformé le monde. Elle explore avec finesse et jubilation des thèmes aussi universels que la transmission du savoir, les conflits de génération, les jeux de pouvoir.

    première phrase

    "La pluie s'abat en cordes noires, cinglant mes bêtes, mes hommes et ma femme, Pythias, qui la nuit dernière était allongée sur notre couche, jambes écartées, tandis que je prenais des notes sur la bouche de son sexe, et qui pleure à présent des larmes silencieuses, au dixième jour de notre périple."

    avis personnel

     Tout d'abord, merci aux éditions Folio pour l'envoi de ce livre qui me faisait très envie, passionnée d'histoire ancienne que je suis...

    Concernant l'histoire, elle est racontée à la première personne par Aristote lui-même et s'attache principalement aux sept années qu'il a passées à la cour de Macédoine à transmettre son savoir à Alexandre, l'héritier de Philippe II de Macédoine. Pourtant, Alexandre n'est pas le fils aîné du roi, mais une maladie a rendu idiot son demi-frère, Philippe Arrhidée, qui vit, livré à lui-même et à la surveillance de son garde-malade, complètement exclu de la succession car lui manquent les qualités essentielles pour s'asseoir sur le trône de Macédoine : des talents guerriers et la capacité de tenir à cheval.
    J'ai d'ailleurs trouvé passionnants les passages avec Arrhidée, l'approche choisie par Aristote pour apprivoiser à la fois cet élève mentalement retardé, ainsi que son garde-malade, le faire progresser malgré son handicap et les préjugés des autres.

    Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
    Atrium dans une grande demeure de Pella

    Nous assistons également aux leçons données à Alexandre, leçons variées touchant aussi bien à la biologie qu'à la métaphysique ou à la littérature. Car Aristote est un touche-à-tout brillant, qui passe son temps à observer tout ce qui l'entoure et à analyser chaque situation. Pourtant, il a bien du mal à discipliner la fougue de cet élève intelligent mais un brin arrogant, dont le goût pour le morbide est parfois  inquiétant. Leurs dialogues laissent deviner le destin de ce futur conquérant qui a une vision bien précise sur la position que l'on doit adopter envers les peuples vaincus, sur son désir de syncrétisme; les dispositions intellectuelles et morales qui se dessinent chez Alexandre donnent un aperçu sur l'adulte ambivalent qu'il sera. Aristote tente de surcroît de tempérer ses aspirations à la gloire en lui parlant du "juste milieu", le point d'équilibre. "Ce point, lui explique le philosophe, différera d'un homme à l'autre. Il n'existe pas de norme universelle de la vertu qui s'appliquerait à toutes les situations, tout le temps. Le contexte doit être pris en compte, la spécificité, ce qui est le mieux à tel endroit, à tel moment". (page 275-276)

    Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
    Buste d'Alexandre - IIè-Ier s. av. JC - British Museum

    Mais le livre ne fait pas qu'aborder l'enseignement dispensé aux deux princes. Il traite également de la complexité des rapports entre les hommes, selon leur statut social, selon leur sexe.
    Tout d'abord, les relations maître/esclaves. Même si le maître éprouve un certain attachement vis-à-vis- de ses esclaves, qui font partie selon Aristote de la famille, la menace pèse toujours sur eux d'être revendu à un marchand d'esclaves, le philosophe n'hésitant d'ailleurs pas à se défaire de l'esclave favorite de sa femme qui s'est montrée trop insolente.
    Concernant, les relations maître/élève, celles-ci se révèlent ambigües. Aristote méprise le précepteur que son père lui a donné adolescent, mais on ressent également chez lui une certaine fascination. De plus, une trop grande complicité peut amener un rapprochement moins innocent. Ainsi, Lysimaque crève de jalousie sur  le fait supposé qu'Aristote et Alexandre puissent être amants : "Je le baiserais volontiers. Il sent tellement bon... Vous l'avez fait, déjà ? "(page 224) le provoque-t-il pour en savoir davantage sur la nature réelle des liens qui unissent Aristote à Alexandre. Tout comme dans le flashback nous transportant à Athènes au temps de ses études à l'Académie où ses camarades jalousent Aristote et l'attirance (intellectuelle ? amoureuse ?) que Platon semble éprouver à son égard.
    Les rapports entre époux sont également ambivalents, oscillant entre devoir et tendresse. Bien difficile de démêler lequel prime sur l'autre...
    Pour ce qui sont des rapports princes/serviteurs, malgré le respect  qui peuvent les définir,  l'amitié véritable est impossible, car l'égalité entre eux n'existe pas.

    Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
    Portrait d'Aristote d'après Lysippe - Ier ou IIè s. ap. JC - Musée du Louvre

    D'une manière générale, l'auteure sait distiller à merveille  des détails réalistes sur le quotidien de ces Grecs de l'Antiquité, avec en arrière-plan les relations tendues, conflictuelles entre Philippe de Macédoine et les cités de la Grèce, nous immergeant complètement dans cette époque lointaine.

    Par contre, quelques points négatifs ressortent de ma lecture.
    Tout d'abord, le style d'écriture m'a un peu déroutée au début. C'est écrit à la 1ère personne du singulier et au présent de l'indicatif, dans un registre parfois familier (même si je sais à travers les pièces d'Aristophane que les Grecs pouvaient parler vulgairement ! ^^).
    De plus, j'ai été un peu perdue par les dialogues où les interlocuteurs sont parfois difficilement identifiables, si bien que j'étais obligée de relire certains passages pour comprendre qui parlait !

    Malgré ces toutes petites réserves, j'ai été enchantée par ma lecture qui a passé à une vitesse folle. Paradoxalement, j'y suis restée comme extérieure : cela tient sûrement à la personnalité même du personnage central, Aristote, qui paraît assez froid, obsédé par sa manie de tout observer, tout disséquer : cela donne lieu d'ailleurs à des scènes décalées, car le philosophe s'adonne à son goût de l'analyse pendant même qu'il fait l'amour avec sa femme !
    Bref, un livre passionnant, où les leçons données par Aristote ne sont pas du tout rébarbatives mais au contraire vivantes et captivantes.
    Je le relirai avec beaucoup de plaisir...

    Appréciation :

    note : 5 sur 5

    Mes autres avis sur la sagatome 2

    extrait

     page 192 :
    "Et j'ai plissé les yeux pour cesser de voir toute la périphérie : la saleté, la maladie, les hommes privés d'art, de mathématiques et de musique civilisée, assis le soir autour du feu, marmonnant dans leur langue si laide, mangeant leur nourriture infâme, ruminant leurs idées d'animaux à jambes courtes : manger, baiser et chier. Des gens sales, serviles, barbares. Je raconte tout cela au prince, lui enseigne ce que je sais vrai sur cette terre qu'il idéalise tellement.
    «Vous savez ce que je ferais, moi ?» Il s'es redressé sur un coude. «Je m'assoirais devant leurs feux, j'écouterais leur musique, je mangerais leur nourriture et je porterais leurs habits. J'irais avec leurs femmes.»
    J'entends rougir sa voix, bien que je ne distingue pas son visage. «Aller avec» : quel charmant euphémisme dans la bouche d'un vigoureux garçon de Macédoine. Il aime Héphaïstion."

    divers

    Ma petite contribution au mois à thème organisé par AnGee Ersatz...

     La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

    Ma 14ème participation au challenge de Lynnae - Aristote tente d'enseigner le juste milieu à Alexandre

    le tour du monde en 8 ans

    Ce billet est ma 7è participation au challenge d'Helran; cette escale compte pour le Canada.

    Challenge "L'Odyssée grecque"

    Challenge "L'Odyssée grecque" : 3/100

    Rendez-vous "La 99è page"

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  • Commentaires

    1
    Lundi 1er Juillet 2013 à 09:17
    Wow, quel article!
    Je ne connaissais pas du tout ce livre, et honnêtement, ce n'est pas le genre de bouquins vers lequel je me tourne au départ. Mais tu as réussi à me convaincre! Il a l'air vraiment très intéressant, très bien écrit... Bref, je l'ajoute à ma PAL!

    Merci encore pour ta participation :D
    2
    Parthenia Profil de Parthenia
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 14:47

    De rien AnGee ! J'espère que tu éprouveras autant de plaisir que moi à la lecture de ce livre... Surtout, n'hésite pas à me communiquer le lien de ta chronique si d'aventure tu en écris une !

    3
    Mardi 3 Juin 2014 à 16:16

    Je rajoute de ce pas ce livre dans ma PAL, je ne connaissais pas du tout cet ouvrage pourtant en voyant la couverture, je savais qu'il parlerait d'Alexandre le Grand, avant ou pendant sa gloire. Aristote, Alexandre et son histoire me passionnent depuis peu et je ne demande qu'à lire davantage de choses sur eux, fiction ou documentaire, et ton avis m'a convaincu, ce livre m'a l'air intéressant. Je me demande s'il fait souvent mention des compagnons d'Alexandre comme Héphaïstion ou les autres ? En tout cas, merci de cette petite découverte ! sans ton avis, je ne connaîtrais même pas l'existence de ce livre !

    4
    Mardi 3 Juin 2014 à 21:50

    Pour répondre à ta question, il n'est pas souvent fait mention des compagnons d'Alexandre mais ils apparaissent un peu lors des leçons que lui donnent Aristote... De plus, Alexandre n'apparaît pas comme un personnage très attachant dans ce livre (personnellement cela ne me gêne pas car je lui préfère son père...sarcastic). En tout cas, je suis heureuse de t'avoir donné envie de découvrir ce livre... N'hésite pas à me donner ton lien vers ton billet si tu le chroniques un jour... ^^

    5
    Mercredi 4 Juin 2014 à 15:17

    Merci de ta réponse, je me posais la question car je m'intéresse aussi au personnage d'Héphaïstion, en fin de compte on a peu d'informations sur ce personnage que l'on dit pourtant proche d'Alexandre. Mes recherches à ce sujet m'ont permises de récolter quelques informations et anecdotes intéressante au sujet de ce duo (comme l'escapade à Troie... pour aller honorer les tombes de leurs modèles, Achille et Patrocle... puis courir nu près des tombes... em, em)

    Le fait qu'Alexandre ne soit apparemment pas un personnage attachant me refroidi un peu, cependant je sais bien qu'il n'était ni blanc ni noir, les sources l'ont décrit comme un roi pouvant être à la fois généreux et cruel, puis j'imagine que le fait d'être comparé à Achille ou de se savoir "fils de Zeus" ait du un peu lui monter à la tête, cependant ma curiosité à l'égard de ce livre et mon envie de le découvrir ne fléchissent pas et j'ai bien l'intention de le lire un jour pour m'en faire une idée, puis ne serait-ce aussi que pour suivre le personnage d'Aristote. Est-ce que tu as déjà vu le film de 2005, Alexandre ? Aristote y apparaît, je l'ai trouvé plutôt intéressant comme film, bien que je préfère la version revisitée à la version cinéma...

    6
    Vendredi 13 Juin 2014 à 20:40

    oh les sacripants... ^^

    justement, en lisant ton début de commentaire sur Héphaïstion, je voulais te répondre qu'on le voyait bien plus dans l'adaptation cinématographique d'Oliver Stone... sarcastic Ce qui m'avait marquée dans ce film, c'est que les rapports entre Alexandre et Hephaistion étaient dépeints d'une manière très délicate et très tendre, alors que le corps à corps d'Alexandre et de Roxane avait été filmée par contraste de manière virile... yes Bref, j'avais bien aimé le film, même si j'avais été un peu inquiète en y allant par les critiques assez négatives, que je n'avais pas vraiment trouvé fondées... En tout cas, ce film avait fait scandale en Grèce qui avait mal supporté que l'on ait osé toucher à leur monument national en proposant une lecture crypto-gay des relations entre les deux amis d'enfance... Pourtant, le fait qu'ils prennent comme modèles Achille et Patrocle me paraît assez clair sur le sens qu'il donne à leur amitié...
    Par contre, je ne vois pas de quelle version revisitée tu parles...

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