• La Métamorphose de Lucius de Manara

    La métamorphose de Lucius de Manara

     

    Fiche détaillée

    Scenario > Milo Manara
    Dessin > Milo Manara
    Couleur > Milo Manara
    Editeur > Les Humanoïdes Associés
    Genre > Adaptation, Erotisme
    Date de parution > 2007 (1999 pour la 1ère édition)
    Nombre de planches > 56
    Traduction > de l'italien par Valérie Milano

    auteur

    Du sang pour le pape de Jodorowsky & Manara - Borgia, tome 1Né en 1945, Manara est d'abord venu à la bande dessinée pour des raisons alimentaires. En 1968, il finance ses études d'architecture à Venise avec ses premières planches professionnelles — des récits érotiques. Il abandonne son métier d'assistant de sculpteur et publie Genius, pour les éditions Vanio. Viennent ensuite les aventures de Jolanda, femme pirate. Mais très vite, il entame avec Le roi des singes une oeuvre personnelle, aussitôt remarquée par les éditions Casterman, pour qui il crée le personnage de Giuseppe Bergman, suivi trois ans plus tard de Jour de colère, puis de Rêver peut-être. C'est en 1987 que Hugo Pratt devient son scénariste, avec qui il publie Un été indien, et plus récemment El Gaucho. En 1990, il met en image Voyage à Tulum, puis en 1996 le de son autre maître, Fellini. C'est début 98 que paraît Revoir les étoiles, la toute dernière aventure de Giuseppe Bergman.Aujourd'hui, Milo Manara continue une production régulière d'histoires érotiques aux éditions Albin Michel (rééditées par Drugstore) mais il participe également à des projets plus originaux, comme l'illustration de portfolios divers ou encore la série Borgia avec le scénariste Alejandro Jodorowsky.
    - son site -

    quatrieme de couverture

     Voici comment l'auteur latin du IIe siècle, Apulée,
    raconte dans L'Âne d'or la transformation de son narrateur, Lucius, qui croyait pouvoir devenir oiseau : " En un clin d'œil, je me mets nu, et je plonge mes deux mains dans la boîte. Je les remplis de pommade, et je me frotte de la tête aux pieds. Puis me voilà battant l'air de mes bras, pour imiter les mouvements d'un oiseau ; mais de duvet point, de plumes pas davantage ; ce que j'ai de poil s'épaissit, et me couvre tout le corps. Ma douce peau devient cuir. A rues pieds, à mes mains, les cinq doigts se confondent et s'enferment en un sabot ; du bas de l'échine il me sort une longue queue, ma face s'allonge, nia bouche se fend, mes narines d'écartent, et mes lèvres deviennent pendantes ; mes oreilles se dressent dans une proportion démesurée. Plus de moyen d'embrasser ma Photis ; mais certaine partie (et c'était toute ma consolation) avait singulièrement gagné au change. " Ce grand texte classique fournit à Milo Manara un support poétique, fourmillant de légendes, de mythes, de fantaisie et de volupté, dans lesquels il reconnaît avec La Métamorphose de Lucius l'écho de sa propre inspiration. Sur cette toile de fond latine, un passionnant dialogue entre deux tempéraments que dix-huit siècles séparent.

    avis personnel

    La lecture de la série BD Borgia m'avait donné envie de découvrir l'univers de Manara dont le dessin m'avait subjuguée et ayant appris que ce dessinateur avait adapté l'oeuvre d'Apulée L'Âne d'or (que, soit dit entre nous, je viens juste de lire), je me suis dit :"Tiens, pourquoi ne pas mélanger ces deux plaisirs et offrir ainsi ma 1ère participation au rendez-vous mensuel de Stephie ?"

    Je m'attelais donc à la tâche, le coeur battant et les mains moites comme lors de mon premier rendez-vous amoureux...

    Et franchement, l'expérience a été plus enthousiasmante que prévu...

    J'ai retrouvé dans cette BD le soin du détail que j'avais tant apprécié avec Les Borgia. Les dessins sont extrêmement recherchés, tant dans les décors que dans les costumes. Les coiffures des femmes par exemple sont magnifiques et très soignées, offrant un échaffaudage complexe de mèches et de boucles; et que dire de la trogne outrageusement maquillée de la vieille putain, saisissante de réalisme, le tout faisant penser au Satyricon de Fellini !
    Au niveau des couleurs, Manara nous expose à nouveau tout l'étendu de son talent : il utilise la technique du lavis dans un dégradé somptueux de blanc, de noir, de rose et de violet !

    Mais au fait, de quoi traite cette BD ?
    Comme dit plus haut, La Métamorphose de Lucius est une adaptation d'un roman écrit il y a 1900 ans, où le héros éponyme se retrouve malencontreusement transformé en âne en punition de sa curiosité et de son obsession pour la magie. Et c'est sous cette forme qu'il va affronter maintes aventures érotiques éprouvantes, en passant de maître en maître, tous plus débauchés les uns que les autres...
    Comme c'est un condensé du roman d'Apulée, on ressent parfois l'inconsistance du scenario et l'on regrette que la BD ne contienne pas le double de planches afin d'étoffer l'intrigue...
    De plus, certains faits du roman initial sont déformés, quand d'autres sont absents !
    Quoiqu'il en soit, les pensées du malheureux Lucius transformé en âne m'ont bien fait rire...

    Et là, vous êtes sûrement en train de vous dire, c'est bien beau tout ça, les couleurs somptueuses, la finesse des dessins, la reconstitution soignée de la Rome antique, l'absence d'intrigue, toussa, toussa, mais quand est-ce qu'on parle de seske ?
    Justement, lecteurs chéris, j'y viens mais n'oubliez pas que c'est la curiosité qui perdit Lucius !
    Auparavant, une devinette : que vous inspire mon commentaire à propos de l'absence d'intrigue, hein ?!?
    NOUS Y VOILA !
     Manara s'inspire donc allégrement du cadre de la Rome décadente pour nous offrir une débauche de scènes d'orgies, de fessées, de sodomie, de flagellation, de zoophilie même... oui oui oui, vous avez bien lu, mais gardez en mémoire que le malheureux Lucius a été transformé en âne avec tout l'attirail adéquat (et je ne parle pas forcément de ses oreilles... ), ce qui excite bien des convoitises féminines ! Magie du dessinateur, à aucun moment l'une de ces scènes qui auraient pu être dérangeantes n'est vulgaire tant le crayon de l'auteur sait se faire élégant (d'ailleurs, pour la fameuse scène bestiale, une bulle judicieusement placée ménage notre pudeur malmenée).

    Manara sait dessiner comme personne les jolies jeunes filles nues, dans des poses lascives et suggestives...
    Mais il y en a pour tous les goûts, rassurez-vous, car Lucius apparaît lui-même plusieurs fois dans le plus simple appareil et franchement, j'ai envie de m'écrier :"Par le phallus de Priape, non, par les nichons de Vénus, non plus, par tous les dieux de l'érotisme réunis, la maman de Lucius l'a réussi de partout son fiston !!"

    C'est sur cette note enthousiaste que s'achève mon premier billet du premier mardi du mois...
    Rendez-vous dans quatre semaines !

    Appréciation :

    note : 3 sur 5

    extrait

    La Métamorphose de Lucius de Manara    La Métamorphose de Lucius de Manara

    La Métamorphose de Lucius de Manara   La Métamorphose de Lucius de Manara

     

    La Métamorphose de Lucius de Manara

    divers

    Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

    Ma 1ère participation au RV de Stephie.
    D'autres billets : Stephie ♦ MarionLilalune ♦ ...

    La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

    Ce billet est ma 8è participation au challenge de Soukee

    Challenge "L'Odyssée grecque"

    Challenge "L'Odyssée grecque" : 2/100

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 15 Mai 2013 à 21:45

    C'est vraiment bien de pouvoir faire la comparaison entre l'oeuvre originale et cette adaptation en bande dessinée ! Je ne tenterais pas cette lecture, car je déteste me trouver face à des images de nudité ! Je ne suis pas puribonde, mais simplement pudique et respectueuse de l'intimité :) J'avoue cependant que les dessins sont très réussis, j'ai particulièrement remarqué les jeux d'ombres qui sont saisissants de réalisme ! J'admire toujours le travail des dessinateurs.. Je suis incroyablement nulle en dessin, alors je suis constamment bouche bée devant de telles réalisations ! Merci pour la découverte ;)

    A bientôt !

    2
    Parthenia Profil de Parthenia
    Jeudi 16 Mai 2013 à 12:13

    Moi aussi, je suis nulle en dessin, à mon plus grand regret !

    Et il est vrai que cette BD est un vrai régal pour les yeux, tant au niveau du dessin et du soin apporté à chaque détail, qu'au niveau des couleurs... Esthétiquement, c'est une vraie réussite !

    Ca pèche plus au niveau du scenario, mais l'auteur s'est surtout attaché aux passages érotiques du roman d'Apulée (à part la première partie de la BD qui est plus approfondie) !

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