• Edith, reine des Saxons de Regine Sondermann

    Edith, reine des Saxons de regine Sondermann

    Merci à

    Livraddict

    et à

    l'auteure, Regine Sondermann

    pour ce partenariat !

    Fiche détaillée

    Auteur > Regine Sondermann
    Editeur > Amazon
    Genre > historique
    Date de parution > 2012 pour l'édition originale , 2014 pour la présente édition
    Titre original > Editha aus Wessex: Gemahlin Ottos des Großen - Eine Königin im Mittelalter
    Nombre de pages > 207
    Traduction > de l'allemand par Karine Voigt

    auteur

    Regine Sondermann est née en 1965 à Nördlingen (Donau-Ries). Après des études de langues slaves à Cologne et à Berlin elle se consacre à sa vocation d'écrivain. Elle vit à Magdebourg avec sa famille.

    Gravida - Fantaisie pompéienne de Wilhelm Jensen

    « Vous voulez m'aimer, mais vous ne me connaissez pas ».

    C'est par ces mots que la Reine Édith commence son récit, qu'elle nous adresse aujourd'hui la parole, à plus de mille ans de distance. L'auteur magdebourgeoise, Regine Sondermann transporte le lecteur dans un Moyen-Âge encore jeune, aux côtés d'une femme, dont on ne connaissait jusqu'à présent que peu de choses. Elle mourut à trente-six ans et fut enterrée dans la cathédrale de Magdebourg où ses ossements ont été retrouvés dans un petit cercueil de plomb, en l'an 2010. L'auteur a trouvé dans les sources historiques, les livres d'histoire et ses entretiens avec archéologues et historiens de petits morceaux de cette courte vie, qu'elle a patiemment assemblés et remis en place, comme un bol ancien brisé il y a très longtemps. Lire l'histoire d'Édith et de sa famille, c'est voyager dans des contrées inconnues, qui nous paraissent si proches, et se trouvent pourtant infiniment loin, c'est découvrir des moeurs tantôt archaïques, tantôt cruelles et la croyance profonde guidant et réconfortant nos ancêtres, livrés impuissants aux guerres, famines et maladies.

    première phrase

    "Vous voulez m'aimer, mais vous ne me connaissez pas."

    avis personnel

     Étant sensible aux illustrations médiévales, c'est d'abord la très belle couverture qui avait attiré mon regard. Ensuite, la quatrième de couverture avait grandement attisé ma curiosité et mon envie d'en découvrir davantage : l'époque des Carolingiens est finalement très peu abordée en littérature, d'autant qu'une grande partie de l'action se déroule en Francie orientale (qui donnera naissance au Saint-Empire germanique) et que je ne connais rien de cette période dans cette partie de l'Europe.

    Edith, reine des Saxons de Regine Sondermann
    carte©Trasamundo

    Pour en revenir à l'histoire, celle-ci nous est racontée par Édith elle-même, princesse anglaise, dont la voix nous parvient d'outre-tombe. Elle nous retrace sa courte vie, de sa naissance (en 910) à sa mort (en 946), son enfance, ses origines. Ce dernier point a son importance car la jeune Édith appartient à la prestigieuse maison Wessex, avec laquelle les grands de ce monde cherchent à conclure des alliances matrimoniales, car les filles du roi Édouard l'Ancien sont instruites et descendent de Saint-Oswald.

    Son demi-frère Etheltan, le nouveau roi des Anglo-Saxons et de Mercie, la donne en mariage à Otton, l'héritier de Henri Ier l'Oiseleur, duc de Saxe et roi de Francie Orientale (la Germanie si vous préférez).
    C'est un choc culturel pour la jeune princesse, surtout à la vue de l'un des palais royaux fait d'un assemblage de huttes de bois misérables. Édith apprend peu à peu à connaître les coutumes de son nouveau peuple, qui a été durement persécuté sous Charlemagne à cause de son paganisme.
    Mais déracinée, elle ne guérira jamais totalement de son mal du pays et devra faire face aux ambitions de plus en plus grandes de son époux et ses conséquences.

    J'ai été littéralement transportée à cette époque lointaine, pleine de contradictions et de violence. Édith, la narratrice, est une jeune femme touchante. À travers elle, nous touchons du doigt la condition des femmes de l'aristocratie, qui ne s'appartiennent pas, mais sont utilisées par leur père ou frère pour conclure des alliances, et dont le but est de donner des fils à leur mari. Certaines femmes, pourtant, sortent du lot, et affichent un esprit indépendant : Æthelflæd, la tante d'Édith, qui gouverna seule la Mercie après la mort de son époux et reconquit des territoires sur les vikings,ou Gerberge, la belle-sœur d'Édith, qui se remaria sans l'autorisation de son frère, avec Louis d'Outremer, le neveu d'Édith, de 8 ans plus jeune qu'elle. A ce propos, Otton, floué d'une alliance plus à son goût et vert de colère, aurait pu traiter sa sœur de "cougar" si ce terme avait existé à l'époque car il ne mâche pas ses mots à son égard...
    On perçoit tout de même à plusieurs reprises l'influence que les femmes de caractère pouvaient avoir sur leur mari, que ce soit pour apaiser certaines situations, ou au contraire pousser à la guerre, mais également inspirer le mécénat (Otton fera bâtir un monastère à Magdebourg pour complaire à Édith et son goût pour l'instruction).

    Edith, reine des Saxons de Regine Sondermann
    Edith et Otton (?), chapelle de la cathédrale
    de Magdebourg - photo ©Chris 73 Talk

    Comme on l'a vu, les femmes sont utilisées comme des pions géo-politiques, mais les hommes, de leur côté, se marient au gré de leurs intérêts pour obtenir richesse, alliance ou prestige d'un sang royal. D'ailleurs, Édith, à son arrivée à la cour de sa belle-famille, assiste, choquée, à la répudiation de la concubine slave de son fiancé qui arrache à cette femme déchue la garde de leur fils.

    Otton est un personnage ambivalent, qu'il est difficile de cerner. Il a l'air d'aimer sincèrement sa femme, mais dévoré par l'ambition, il n'est pas très attentionné, et se montre parfois dur. La paix et l'harmonie familiale étaient très importantes, mais on se rend compte que frères, mère et sœurs se liguent souvent contre le roi ou rechignent à servir (se sacrifier serait plus juste) ses intérêts.

    La plume de l'auteure est très immersive et nous offre une foule d'informations très intéressante sur l'époque : la moitié de la population a moins de 20 ans et la mort rôde sans épargner personne, puissants comme manants ; les Saxons font commerce d'esclaves avec les Arabes ; le roi et sa cour mènent une vie itinérante afin de ne pas épuiser le gibier ni les ressources naturelles. Et bien sûr, la religion tient une place primordiale dans la vie de chacun où la plus grande crainte n'est pas de mourir mais de se voir privé de paradis. Édith pense d'ailleurs plus souvent au Sauveur qu'à son mari car elle y trouve plus de réconfort :

    Le Sauveur est l'homme auquel la reine aspire quand son mari est en campagne. Quand son mari est là également, la reine soupire après le Sauveur. Ce que son époux ne peut lui donner, elle peut l'attendre du Sauveur. Il en est l'exact contraire : le Bon Berger. Il est doux. Sa force est puissante dans les faibles. Avant de s'endormir, la reine ressent un léger picotement aux endroits où les clous de la croix ont transpercé les mains duSauveur. Pendant qu'elle sombre dans le sommeil, elle sent que c'est lui qui lui offre le sommeil la délivrant du jour. Tout comme un jour il viendra la chercher pour le sommeil éternel qui la libérera de tout et l'apportera à sa mère.
    (page 147)

    Pour conclure, une lecture qui m'a littéralement emportée dans le Wessex puis en Saxe. Les personnages féminins sont tous très attachants, et l'histoire de cette princesse anglaise déracinée vraiment passionnante. Le style de l'auteure nous immerge complètement dans cette époque troublée où les alliances se font et se défont au gré des intérêts des puissants... Je ne connaissais Otton le Grand que de nom et j'ai été ravie d'en apprendre davantage sur son règne et le rôle des membres de sa famille.
    En outre, en faisant des recherches sur les protagonistes, j'ai découvert que Gerberge de Saxe, la soeur d'Otton et la femme de Louis d'Outremer, avait été enterrée dans ma région, à la basilique Saint Remi, et qu'une plaque commémorative portait son nom :

    Edith, reine des Saxons de Regine Sondermann
    5è nom à gauche en partant du haut
    - image©Gérald Garitan

    Je remercie pour ce partenariat Livraddict et Regine Sondermann, l'auteure, qui a eu la gentillesse de dédicacer son livre et d'y joindre une très belle carte accompagnée d'un mot...

    Appréciation :

    note : 4 sur 5

    extrait

    - A présent, tu n'es plus seulement l'épouse du fils du roi, mais en outre la mère du successeur saxon au trône, me dit mon époux. Sa voix résonnait de fierté.
    - Je n'en suis pas moins une étrangère, et il en sera toujours ainsi, répondis-je.
    Otton sourit.

    - Avec cet enfant, tu as acquis une très grande considération, quoi que tu en penses.
    - J'ai l'enfant et vous m'avez.
    C'était vrai : avec cet enfant, j'avais acquis une plus grande considération, mais aussi une plus grande dépendance. Du fait qu'il était dans leurs mains, j'étais encore plus leur prisonnière.
    (page 106)

    divers

    Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

    Ma 9è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Allemagne
    D'autres billets sur l'AllemagneJulie ♦ Salhuna ♦ Sharon

    La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

    Ma 47ème participation au challenge de Lynnae -

    La rue au Moyen Âge de Jean-Pierre Leguay

    Ma 10ème participation au challenge d'Hérisson -

    « Un instant d'éternité. Lettres 1914-1915 de Danielle BelliniTsinaka, l'œil de la toundra de Marc Klapczynski - L'Odyssée du dernier Néandertal, tome 3 »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    Tags Tags : , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Lundi 9 Mars 2015 à 11:50
    Comme toi, c'est avant tout la couverture qui m'a attirée quand j'ai vu ce livre sur Livraddict...J'ai ensuite remarqué qu'il provenait des éditions Amazon et je me demandais si c'était un livre numérique ou si une édition papier existait ? Ce roman pourrait carrément me plaire mais comme je ne suis pas encore passée aux livres numériques... ;-)

    Enfin bref, ta chronique me conforte dans ma première impression et me donne envie de découvrir ce livre !
    2
    Lundi 9 Mars 2015 à 12:09

    @Little,
    J'ai reçu le format papier, mais le livre peut également être acheté sous format numérique.
    Cela fait presque 2 ans que j'ai une liseuse, et je ne le regrette pas... même si rien ne remplacera un livre papier ! Mais rien que pour le gain de place dans la bibliothèque, c'est appréciable ! winktongue

    En tout cas, j'espère que la lecture du roman t'emballera autant que moi car j'ai passé un délicieux moment en compagnie d'Edith et de ses belles-soeurs...^^

    3
    Lundi 9 Mars 2015 à 14:25
    Merci pour l'info !! ;) Je pense que je ne vais pas pouvoir faire autrement qu'ajouter ce livre à ma WL alors ! :)
    4
    Lundi 9 Mars 2015 à 14:30
    Une autre lecture tentante. J'aime beaucoup les romans historiques qui laisse la part belle aux personnages féminins et à la description de leur condition! Ce sera peut-être une future lecture ^^
    5
    Jeudi 19 Mars 2015 à 23:11
    Sylly

    ET voilà un nouveau livre à ajouter à ma liste d'envie qui ne désempli plus depuis que je te connais :D

    Ce roman semble tellement captivant, et en plus j'adore le Moyen Age. Edith à l’air passionnante et comme Misspendergast, j'aime découvrir au travers de ces personnages féminins historiques, leurs conditions de vie

    6
    Mardi 14 Avril 2015 à 18:01
    Tout ce qui touche à l'histoire m'intrigue forcément surtout que je connais assez peu ce personnage historique. A noter alors.
    7
    Mardi 5 Mai 2015 à 11:49

    merci les filles !

    il est vrai que c'était intéressant de découvrir un personnage historique aussi peu connu, surtout dans cette période peu présente dans la littérature et mettant l'accent sur la condition féminine... en outre, le style de l'auteure est vraiment immersif... J'espère que vous aurez autant de plaisir que moi à le lire... ^^

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :